QE – Quel encadrement pour le nouveau marché du coaching scolaire

 

Question écrite N° 7730
M. Ugo Bernalicis La France insoumise – Nord
Ministère interrogé Enseignement supérieur, recherche et innovation
Question publiée au JO le 24/04/2018
Réponse publiée au JO le
Lien hypertexte http://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-7730QE.htm

Texte de la question

M. Ugo Bernalicis appelle l’attention de Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, sur la régulation du marché naissant du coaching scolaire.

La plateforme Parcoursup, ouverte depuis le 15 janvier 2018, implique pour chaque vœu formulé de fournir un projet de formation motivé, ou encore un curriculum vitae et d’autres documents demandés comme des expériences de stages en fonction des formations.

Il souhaite signaler que sous couvert d’un prétendu changement d’ordre technique – de plateforme – le Gouvernement renforce au contraire les inégalités en matière d’orientation.

En effet, la rédaction d’un projet de formation motivé participe d’une sélection qui ne dit pas son nom, au regard entre autres de l’inégal rapport à l’écrit dans la société, comme l’a décrit en son temps Pierre Bourdieu et comme le confirme Bernard Lahire dans des travaux plus récents.

Il s’inquiète ici d’une autre conséquence liée à la mise en place de la plateforme Parcoursup, à savoir la naissance d’un marché privé du coaching scolaire. Depuis le début de l’année de nombreuses officines privées proposent désormais d’accompagner, et ainsi de se substituer aux conseillers d’orientation-psychologue, les élèves de terminale dans la constitution de leurs dossiers de candidature.

En jouant sur un ressort émotif puissant, reposant sur le souhait légitime de tout parent d’assurer un avenir meilleur à ses enfants, ces entreprises privées ont développé une offre de services à des prix prohibitifs.

Le développement d’un marché privé du coaching scolaire est le signe de l’échec des politiques publiques d’orientation et accroît encore les inégalités en la matière. Le député tient à signaler que puisque le Gouvernement a contribué à créer ce marché du coaching scolaire, il doit donc en tirer les conséquences et s’attacher à réguler ce secteur.

Il souhaite faire remarquer qu’à l’heure actuelle n’importe qui peut se déclarer “coach scolaire”, il n’existe aucune formation préalable, aucune certification, aucun encadrement en la matière. En outre, il souhaite alerter la ministre sur une autre conséquence néfaste liée à la constitution de ce marché privé du coaching scolaire, celle relative au crédit d’impôt pour les services à la personne. Par exemple, des entreprises comme Acadomia ont déjà recours à cette niche fiscale dans le cadre de cours particuliers à domicile. Il s’inquiète donc que ce modèle ne soit copié pour le coaching scolaire, qui bénéficiera essentiellement aux foyers les plus aisés. Ce mécanisme de subventions conduirait l’État à favoriser les inégalités sociales !

Il l’interroge ainsi sur les mesures qu’elle compte prendre d’une part pour réguler un marché, auquel le Gouvernement a donné naissance en instituant la plateforme Parcoursup et d’autre part pour éviter que le recours au coaching scolaire ne donne droit à un crédit d’impôts, qui cautionne les inégalités.

Texte de la réponse

En attente …

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